
Félicitations à Alexis Noel, doctorant au sein du laboratoire, premier auteur d’une nouvelle étude publiée dans la revue npj Science of Food, consacrée à la qualité sanitaire des farines de blé et à leur contamination par différents composés chimiques et biologiques.
Intitulée « Frequent EFSA regulation violation for wheat flours suggests stronger control and regulatory harmonization of production, milling and distribution », cette étude a été menée dans le cadre d’une collaboration réunissant plusieurs équipes françaises et internationales. Elle s’intéresse à un aliment de consommation courante, le blé, en évaluant simultanément la présence de pesticides, de mycotoxines et d’éléments traces métalliques dans les farines disponibles pour les consommateurs.
🌾 96 farines de blé analysées
Les chercheurs ont Ă©tudiĂ© 96 Ă©chantillons de farines produites en France et collectĂ©es dans des moulins locaux et des supermarchĂ©s du Grand Est. L’Ă©chantillonnage a permis de comparer plusieurs paramètres susceptibles d’influencer leur profil de contamination : agriculture biologique ou conventionnelle, circuits de distribution courts ou longs et diffĂ©rents degrĂ©s de raffinage, des farines T45 aux farines T150.
Les analyses montrent que 26 % des farines contenaient au moins un pesticide ou synergiste. Trois Ă©chantillons prĂ©sentaient notamment des concentrations en permĂ©thrine supĂ©rieures au seuil rĂ©glementaire europĂ©en considĂ©rĂ© dans l’Ă©tude. Les mycotoxines Ă©taient quant Ă elles frĂ©quemment retrouvĂ©es : 76 % des farines analysĂ©es contenaient au moins une mycotoxine quantifiable. Le dĂ©oxynivalĂ©nol (DON), l’ochratoxine A (OTA) et la zĂ©aralĂ©none (ZEA) figuraient parmi les plus frĂ©quemment dĂ©tectĂ©es, avec trois Ă©chantillons dĂ©passant le seuil rĂ©glementaire Ă©tudiĂ© pour l’OTA. L’Ă©tude a Ă©galement portĂ© sur 18 Ă©lĂ©ments traces mĂ©talliques, dont 11 ont Ă©tĂ© quantifiĂ©s dans les Ă©chantillons. Un dĂ©passement du seuil europĂ©en pour le cadmium a Ă©tĂ© observĂ©. Les concentrations de plusieurs Ă©lĂ©ments variaient Ă©galement selon le mode de production et le degrĂ© de raffinage des farines.
🔎 Des résultats qui interrogent les pratiques de production et de contrôle
Au-delĂ de la prĂ©sence des contaminants, les rĂ©sultats montrent que leur profil varie en fonction des pratiques agricoles, des circuits de distribution et du degrĂ© de raffinage. Les pesticides Ă©taient davantage associĂ©s aux farines issues de l’agriculture conventionnelle, tandis que les mycotoxines et plusieurs Ă©lĂ©ments traces mĂ©talliques prĂ©sentaient des concentrations plus Ă©levĂ©es dans certaines farines biologiques ou moins raffinĂ©es. L’analyse multivariĂ©e identifie par ailleurs le type d’agriculture comme la principale source de variabilitĂ© entre les Ă©chantillons. Ces travaux soulignent ainsi l’intĂ©rĂŞt d’une surveillance prenant en compte plusieurs catĂ©gories de contaminants simultanĂ©ment et appellent Ă renforcer les contrĂ´les et l’harmonisation des pratiques rĂ©glementaires afin d’amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© sanitaire des produits cĂ©rĂ©aliers.
👏 Toutes nos félicitations à Alexis Noel pour ce travail de doctorat et cette publication en premier auteur, ainsi qu’à l’ensemble des auteurs et partenaires ayant contribué à cette étude collaborative !


