🇵🇱 NGERE au congrès européen EHDN 2026 : mieux comprendre le rôle du métabolisme dans la maladie de Huntington

Du 22 au 24 octobre 2026, Margot Balestreri et Salomé Puisieux ont représenté le laboratoire NGERE (Inserm U1256 – Université de Lorraine) à Cracovie, en Pologne, à l’occasion du EHDN Clinical Research Congress 2026, un rendez-vous international majeur consacré à la maladie de Huntington.

Un congrès international dédié à la recherche sur la maladie de Huntington

Organisé par l’European Huntington’s Disease Network (EHDN), ce congrès rassemble chercheurs, cliniciens, professionnels de santé, associations et représentants des patients autour des dernières avancées scientifiques et thérapeutiques concernant la maladie de Huntington.

Cette maladie neurodégénérative héréditaire est causée par une mutation du gène HTT, entraînant la production d’une protéine huntingtine anormale. Elle se caractérise notamment par des troubles moteurs, cognitifs et psychiatriques, dont l’apparition et la progression varient considérablement d’un patient à l’autre.

Comprendre les facteurs susceptibles d’influencer cette variabilité constitue aujourd’hui un enjeu important de la recherche.

L’homocystéine : un facteur aggravant potentiel ?

À cette occasion, Margot Balestreri, doctorante au laboratoire NGERE, a présenté des travaux intitulés : « Hyperhomocysteinemia potentiates the deleterious effects of mutant Huntingtin on the transsulfuration pathway and mitochondrial function ».

Ces recherches explorent le rôle de l’hyperhomocystéinémie, caractérisée par une concentration anormalement élevée d’homocystéine dans le sang, dans les mécanismes physiopathologiques de la maladie de Huntington. L’homocystéine est un acide aminé intermédiaire du métabolisme à un carbone. Son métabolisme contribue notamment à la production de cystéine, indispensable à la synthèse du glutathion, l’un des principaux systèmes de défense antioxydante des cellules.

À partir de fibroblastes issus de patients atteints de la maladie de Huntington, présentant ou non une hyperhomocystéinémie, les chercheurs ont étudié les interactions entre la huntingtine mutée et plusieurs protéines impliquées dans cette voie métabolique, ainsi que les conséquences sur la fonction mitochondriale.

Des perturbations métaboliques et mitochondriales accentuées

Les résultats mettent notamment en évidence :

  • Une augmentation des agrégats protéiques associés à l’homocystéine chez les patients présentant une hyperhomocystéinémie.
  • Des modifications des interactions entre la huntingtine et les enzymes de la voie de transsulfuration, notamment CBS et CSE.
  • Des perturbations de la régulation de cette voie métabolique.
  • Une aggravation des altérations mitochondriales et du stress oxydant.

Ces observations suggèrent que l’hyperhomocystéinémie pourrait amplifier certains effets délétères de la huntingtine mutée, contribuant ainsi à la variabilité de progression de la maladie.

Elles soulignent également l’intérêt d’étudier les mécanismes de modification des protéines par l’homocystéine, notamment la N-homocystéinylation, comme pistes potentielles de recherche thérapeutique.

Une recherche collaborative valorisée à l’international

La participation de Margot Balestreri et Salomé Puisieux, également co-autrice de ces travaux, illustre l’implication des jeunes chercheurs du laboratoire NGERE dans la recherche sur les maladies neurodégénératives et leur rayonnement au sein de la communauté scientifique internationale.

Ces recherches associent Margot Balestreri, Elise Pourié, Salomé Puisieux, Jean-Marie Ravel, Mathilde Renaud et Carine Bossenmeyer-Pourié, dans le cadre d’une collaboration entre le laboratoire NGERE et les équipes cliniques et biologiques du CHRU de Nancy.

👏 Félicitations à Margot et Salomé pour leur participation à ce congrès, ainsi qu’à l’ensemble des chercheurs et partenaires impliqués dans ces travaux !