
Une avancée majeure issue des travaux du NGERE vient d’être publiée dans Science Advances. Cette étude, qui constitue la publication principale de la thèse d’Audrey Malardé, explore une nouvelle stratégie thérapeutique fondée sur l’utilisation de nanoclusters de cuivre (CuNCs) pour traiter la maladie de Menkes.
Une maladie rare pour laquelle les options thérapeutiques restent limitées
La maladie de Menkes est une maladie génétique rare liée à des mutations du gène ATP7A, responsables d’un défaut majeur du transport du cuivre dans l’organisme et notamment vers le cerveau. Ce déficit perturbe l’activité de nombreuses enzymes dépendantes du cuivre et entraîne une atteinte multisystémique sévère, avec en particulier une neurodégénérescence progressive.
Le traitement actuellement disponible, reposant sur l’administration de cuivre-histidine, permet d’améliorer certaines manifestations périphériques mais sa faible biodistribution cérébrale limite son efficacité sur les atteintes neurologiques.
Des nanoclusters capables d’acheminer le cuivre jusqu’au cerveau
Pour contourner cette difficulté, les chercheurs ont développé des nanoclusters de cuivre de très petite taille, conçus pour franchir les barrières physiologiques, dont la barrière hémato-encéphalique, et permettre ainsi d’acheminer le cuivre jusqu’aux cellules et aux protéines qui en ont besoin.
Testés chez la souris Mo-blo, modèle de la maladie de Menkes, ces nanoclusters ont permis une meilleure distribution cérébrale du cuivre dans plusieurs régions impliquées dans les fonctions motrices et cognitives.
Les résultats sont particulièrement encourageants : le traitement améliore fortement la survie des animaux, restaure l’activité de plusieurs protéines dépendantes du cuivre et permet une amélioration importante des fonctions neurologiques. Les animaux traités présentent notamment une restauration des capacités d’apprentissage et de mémoire.
De la recherche fondamentale vers une nouvelle perspective thérapeutique
Ces résultats ouvrent des perspectives particulièrement prometteuses pour le développement d’un traitement innovant de la maladie de Menkes, une maladie rare et sévère pour laquelle les besoins thérapeutiques restent considérables.
Cette innovation fait aujourd’hui l’objet d’une valorisation soutenue par la SATT SAYENS, qui accompagne le projet dans son développement. Le travail a notamment conduit au dépôt d’un brevet international et les nanoclusters de cuivre ont obtenu une désignation de médicament orphelin auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA) et de la Food and Drug Administration (FDA).
Cette étude est aussi le fruit d’une belle collaboration scientifique, notamment avec Ariane Boudier et Igor Clarot, autour d’une idée de François Feillet, et d’un travail qui se poursuit aujourd’hui avec Audrey Malardé.
Et l’histoire ne s’arrête pas là : d’autres projets utilisant des nanoclusters métalliques sont actuellement en cours de réalisation ou de développement, ouvrant de nouvelles perspectives à l’interface entre nanomédecine, métabolisme des métaux et maladies humaines.
Publication :
Audrey Malardé et al., Restoring brain functions in the Mo-blo mouse model of Menkes disease with copper nanoclusters, Science Advances, 2026, 12(40), eaeg6972.
DOI : 10.1126/sciadv.aeg6972


