ETAP-Lab et NGERE unissent leurs expertises pour mieux comprendre la vulnérabilité du cerveau vieillissant

Une nouvelle étude menée en collaboration entre ETAP-Lab et le laboratoire NGERE, avec la participation d’Henri Schroeder, vient d’être publiée dans la revue Alzheimer’s Research & Therapy. Ces travaux explorent comment le vieillissement modifie la vulnérabilité du cerveau aux oligomères amyloïdes β (AβO), impliqués dans les mécanismes précoces de la maladie d’Alzheimer.

Comprendre pourquoi le cerveau vieillissant devient plus vulnérable

L’âge constitue le principal facteur de risque de la maladie d’Alzheimer sporadique. Parmi les mécanismes impliqués dans son développement, l’accumulation d’oligomères amyloïdes β joue un rôle important dans les altérations synaptiques et cognitives. Pourtant, la manière dont le vieillissement influence la réponse du cerveau à ces oligomères reste encore imparfaitement comprise.

Pour étudier cette interaction, les chercheurs ont comparé les effets d’une exposition aux AβO chez des souris sauvages jeunes, âgées de 3 mois, et âgées, de 18 mois. L’étude associe analyses comportementales et cognitives à l’étude de marqueurs de la fonction synaptique, de la neuroinflammation et de l’apoptose.

Le vieillissement amplifie la vulnérabilité aux oligomères amyloïdes

Les résultats mettent en évidence une différence importante entre cerveau jeune et cerveau âgé. Chez les souris jeunes, l’exposition aux AβO n’entraîne que des altérations modérées de la mémoire. À l’inverse, chez les souris âgées, elle conduit à des déficits plus importants, touchant notamment les mémoires épisodique et spatiale.

Au niveau biologique, vieillissement et AβO entraînent des altérations convergentes : diminution de protéines synaptiques, augmentation de la neuroinflammation et de l’apoptose. Selon les régions cérébrales étudiées et les marqueurs considérés, leurs effets peuvent être cumulatifs ou synergiques, illustrant une vulnérabilité particulière du cerveau vieillissant.

Une collaboration au service de modèles précliniques plus pertinents

Ces travaux illustrent également la complémentarité des expertises réunies autour de cette étude, associant notamment ETAP-Lab et NGERE. Ils apportent de nouveaux éléments pour améliorer les modèles précliniques utilisés dans l’étude de la maladie d’Alzheimer.

En effet, de nombreux modèles expérimentaux reposent sur de jeunes animaux ou sur des modèles transgéniques, qui ne reproduisent pas nécessairement le vieillissement physiologique associé aux formes sporadiques de la maladie.

Les auteurs proposent ainsi que l’exposition aux oligomères amyloïdes β chez des souris sauvages âgées puisse constituer un modèle non transgénique intéressant pour étudier les phases précoces de la maladie d’Alzheimer et pour l’évaluation préclinique de nouvelles stratégies thérapeutiques.

👏 Félicitations à Henri Schroeder ainsi qu’à l’ensemble des auteurs et collaborateurs impliqués dans cette publication !

Référence :
Allouche A., Colin J., Birck C., Schroeder H., Tallandier V., Baldoni M., Muller C., Afrassi M., Violle N. Aging alters the vulnerability pattern to amyloid-beta oligomers in wild-type mice: a behavioral and neurobiological study. Alzheimer’s Research & Therapy. 2026;18:122.

🔗 Consulter l’article en Open Access :
https://doi.org/10.1186/s13195-026-02051-2